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Fort Brégançon


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Le fort de Brégançon est une résidence d’État utilisée comme lieu officiel de villégiature (principalement estivale) du président de la République française. Il est situé au bord de la Méditerranée sur le territoire de la commune de Bormes-les-Mimosas (Var) sur les hauteurs d’un piton rocheux de 35 mètres d’altitude et à quelques mètres de la côte du cap Bénat à laquelle il est relié par une jetée(à l’origine il en était séparé par un bras de mer).

Historique

Une forteresse existe sur cet îlot rocheux depuis l’arrivée des Ligures de la tribu des Bormani, en 118 av. J.-C. Le site s’appelle d’abordPergantium, puis Briganconia, dérivé du celte Briga signifiant « hauteur ».

Au Moyen Âge, une seigneurie (ou châtellenie) de Brégançon est créée à la fin du ixe siècle, après l’expulsion des Sarrasins du Fraxinet en 972, au profit des vicomtes de Marseille, vassaux des comtes de Provence. En 1140, la seigneurie de Brégançon et d’autres fiefs, dont Hyères, sont concédés en apanage par le vicomte Geoffroi II de Marseille à l’un de ses fils, Pons, marquis de Fos. En 1216, Raimond-Geoffroi de Fos, coseigneur d’Hyères avec son frère, vend ses biens, soit le château de Brégançon et un douzième de la seigneurie d’Hyères, à la communauté de Marseille. Il faut toutefois attendre 1223 pour que cette vente soit confirmée par les autres membres de la famille de Fos. Dans ce dossier de la succession de Raimon Jaufre de Fos, coseigneur d’Hyères, datant de 1223, il est nommé castrum de Bragansono.

Le 6 juin 1257, les biens de la communauté de Marseille sont rachetés par le comte Charles d’Anjou, frère cadet du roi Saint Louis et comte de Provence suite à son mariage avec l’héritière du comté, Béatrice de Provence, en 1246. Celui-ci fait réaménager et rénover le château fort de Brégançon, qui est originellement situé sur le continent et qu’il sépare donc de l’actuel site par un bras de mer. Il reste un lieu fréquenté par les membres de la maison d’Anjou, devenus rois de Sicile péninsulaire (Naples), lorsqu’ils sont de passage dans le comté de Provence : c’est le cas notamment de la reine Jeanne Ire qui y séjourne en janvier 1348 alors qu’elle fuit Naples, envahie par son cousin Louis Ier de Hongrie, pour se réfugier à Marseille ainsi que rencontrer le pape Clément VI à Avignon. Après le retrait de Naples de Louis de Hongrie, la reine rentre dans ses États en faisant à nouveau un passage à Brégançon qu’elle donne, par un acte du 31 juillet 1348, à l’armateur marseillais Jacques de Galbert, qu’elle fait vice-amiral de Provence, pour le remercier de l’avoir transportée sur l’un de ses navires alors qu’elle fuyait son royaume. Elle revient sur cette donation en 1366.

Plus tard, durant la guerre de succession du royaume de Naples qui oppose Charles de Durazzo puis son fils Ladislas à Louis Ier d’Anjou puis sa veuve Marie de Blois, la seigneurie et le fort de Brégançon sont donnés par cette dernière en 1387 au condottiere génois Balthazar Spinola, qui a trahi le camp de Charles de Durazzo pour celui des Angevins. Il se sert de sa nouvelle propriété pour piller les côtes toulonnaise et hyéroise. Brégançon retourne au comte Louis II d’Anjou en 1405, Balthazar Spinola le cédant pour 200 florins.

Brégançon devient une forteresse royale en même temps que le comté de Provence est légué au roi Louis XI par son dernier titulaireCharles III en 1481. Le roi charge alors Palamède de Forbin, nommé gouverneur de Provence, et le gouverneur de Bourgogne Jean de Baudricourt de prendre possession de ce nouveau territoire et de le sécuriser : c’est ainsi que Jean de Baudricourt fait réarmer le fort de Brégançon en 1483. Il est assiégé en 1524 par l’ancien connétable disgracié Charles III de Bourbon, passé au service de Charles Quinten 1523, et la forteresse ne résiste que quelques jours.

En 1531, Brégançon est inscrit dans le tout nouveau marquisat des Îles d’Or créé par François Ier au profit de son général des Galères, également chargé du commandement du fort et chargé de protéger la côte toulonnaise face aux raids ottomans. Ce marquisat revient un temps à la couronne en 1349, puis immédiatement offert par Henri II à l’allemand Christophe de Rocquendorf, qui le cède à son tour en 1552 à Gabriel de Lutz, seigneur d’Aramon et ancien ambassadeur de François Ier auprès des Ottomans à Constantinople.

Ce n’est qu’après la mort de ce dernier en 1560 que Brégançon revient à la couronne en 1561.

À l’exception de Charles IX qui s’y arrête quelques heures le 30 octobre 1564 avec la reine-mère Catherine de Médicis et sa cour durant le Grand tour, aucun souverain n’y séjourne, le laissant sous le commandement de capitaines provençaux. Plus tard, devenue un bastion protestant, elle est assiégée en 1578 par le chef des armées catholiques de Provence, le comte de Vins. Si le châtelain et la garnison se rendent seulement au bout de deux jours, ils sont tous massacrés.

En 1574, le frère de Charles IX, Henri III, à peine devenu roi, élève la seigneurie de Brégançon en marquisat, au profit d’Antoine Escalin des Aimars, baron de La Garde-Adhémar, seigneur de Pierrelatte et général des galères, décédé en 1578. En 1581, il est donné en adjudication à Boniface de La Môle, seigneur de Collobrières, tandis que la capitainerie de la forteresse est confiée en 1582 à Melchior Gasquy, originaire de Manosque. Le fils de ce dernier, Joseph Gasquy, devient à la suite de son père gouverneur du fort en 1606. Finalement son frère Honoré Gasquy devient marquis de Brégançon en 1619. Cette terre reste dans la famille Gasquy jusqu’en 1660, date à laquelle elle est achetée par Louis de Cornis-Beaurecueil. Toutefois, si le marquisat reste en dehors du domaine de la Couronne jusqu’en 1666, il reste un point stratégique et une garnison royale y est installée en 1593, tandis que le duc Charles Ier de Guise, nommé gouverneur de Provence, s’y installe en 1624 pour organiser la lutte contre les pirates barbaresques.

C’est vers 1635, alors que la France s’engage dans la guerre de Trente Ans contre l’Espagne, que le cardinal de Richelieu décide de réorganiser la défense des côtes toulonnaises et hyéroises et des îles environnantes : c’est à cette époque que l’actuel fort de Brégançon est construit.

Revenu au domaine royal en 1666, le marquisat de Brégançon est racheté en 1714 par un sieur issu de la noblesse de robe, conseiller au Parlement d’Aix-en-Provence, Louis-Hercule de Ricard. Les de Ricard restent marquis de Brégançon jusqu’à la Révolution française. Le fort de Brégançon continue à accueillir une garnison royale et est séparé du marquisat en 1786, tandis que la presqu’île et les terrains alentour ne vont pas cesser de changer de main au cours du xviiie siècle : acquis par un certain Alexandre Pateron en 1775, ils sont rachetés en 1786 par le sieur Rouard, originaire de Carpentras, qui fait défricher la presqu’île, y plante des vignes et la reboise et y fait construire une maison d’habitation appelée « Château Rouard ».

Durant la Révolution française, la garnison du fort intervient d’abord en 1789 pour protéger les possessions de la marquise de Ricard qui sont attaquées par les paysans. Plus tard, en1791, les armes de la garnison sont prises par le Club des Jacobins d’Hyères. Le fort attire à partir de 1793 l’attention de Bonaparte, nommé inspecteur des côtes après la prise de Toulon aux royalistes le 18 décembre 1793 (il y séjourne d’ailleurs durant l’hiver 1793-1794). Ainsi, une fois devenu premier consul en 1799, il le fait réparer et doter d’une importante artillerie, puis, après son sacre comme empereur, il fait renforcer sa garnison en 1805 par l’installation d’une compagnie de vétérans impériaux.

Il reste par la suite une forteresse militaire, le ministère de la Guerre entreprenant notamment des travaux après la guerre franco-prussienne de 1870, sans toutefois toucher à l’aspect extérieur de l’édifice, afin d’y installer des pièces d’artillerie moderne et un magasin à poudre. Il est encore occupé par une petite garnison durant la Première Guerre mondiale, avant d’être déclassé en 1919. Il est classé comme site pittoresque en décembre 1924. Resté propriété de l’État, il est néanmoins loué entre 1924 et 1963 à des particuliers, dont le dernier fut Robert Bellanger, ancien député, ancien sénateur d’Ille-et-Vilaine et ancien sous-secrétaire d’État à la Marine en 1930. À l’issue du bail de ce dernier, l’État récupère le bâtiment dans un état de délabrement important, celui-ci entreprend de le restaurer et de l’aménager tout en conservant son aspect extérieur primitif.

Finalement, le général de Gaulle y réside le 25 août 1964 lorsqu’il vient assister aux cérémonies commémorant le vingtième anniversaire du débarquement de Provence. S’il n’est pas séduit par le lieu, il est convaincu de l’utilité du fort par le député-maire de Saint-Raphaël René-Georges Laurin, et le fait réaménager, pour un coût de 3 millions de francs. Un arrêté du 5 janvier 1968 affecte Brégançon à titre définitif au ministère des Affaires culturelles afin qu’il serve de résidence officielle au président de la République française, notamment en lieu de villégiature. C’est Pierre-Jean Guth, architecte de la Marine nationale et lauréat du prix de Rome, qui aménagea le fort en résidence, tout en préservant ce qui restait de la forteresse originelle. Le fort et l’îlot font l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 25 septembre 1968.

Résidence officielle de la présidence de la République Les présidents et Brégançon Le général de Gaulle, ou une installation chaotique

Charles de Gaulle est le premier président de la République française à avoir dormi au fort de Brégançon. Le 25 août 1964, alors qu’il se rend à Toulon pour présider le 20e anniversaire du débarquement de Provence, il faut lui trouver une résidence pour l’accueillir, les hôtels de la région affichant complet en cette période estivale. On lui annonce qu’une forteresse militaire, spécialement aménagée pour l’occasion, est prête. Or la demeure ne convient pas au Général, qui trouve le lit trop petit et est dérangé par les moustiques pendant la nuit. Le général de Gaulle salue l’histoire de ce site militaire mais, après cette nuit « cauchemardesque », jure de ne jamais y retourner. À partir de cette date, le couple de Gaulle préfèrera passer ses vacances à Colombey-les-Deux-Eglises.

Un décret en date du 5 janvier 1968 en fait la résidence officielle du président de la République.

Le couple Pompidou, adepte des séjours à Brégançon

Le couple Pompidou est le premier à faire du fort de Brégançon une résidence de villégiature. Georges et Claude Pompidou s’y rendent en août 1969, puis y passent leurs week-ends, été comme hiver. Passionnés d’art moderne, ils aménagent l’intérieur de la forteresse. Claude Pompidou fait ainsi installer de nouvelles décorations dans le fort (fauteuils modernes en cuir blanc, tables en plexiglas, sculptures abstraites, bois africain et acier scandinave). Le couple y organise également des journées portes-ouvertes.

Brégançon, outil de communication de Valéry Giscard d’Estaing

Valéry Giscard d’Estaing, deux ans après son accession à la présidence de la République, se rend à Brégançon pour y passer les vacances de Pâques, puis les vacances d’été. Au mois d’août, tandis que la démission du Premier ministre Jacques Chirac est rendue publique et qu’il désigne l’économiste Raymond Barre pour le remplacer, le président Giscard d’Estaing passe un week-end à Brégançon avec son épouse Anne-Aymone, avant de revenir au palais de l’Élysée pour présider le Conseil des ministres.

Alors que son épouse réalise des compositions florales, le président se divertit au fort en pratiquant le tennis ou la voile. Le couple Giscard d’Estaing fait notamment creuser une terrasse et construire un dôme dans la salle à manger.

Valéry Giscard d’Estaing donne une interview télévisée au fort de Brégançon, le 26 février 1978, dans le cadre de la campagne des élections législatives.

François Mitterrand, déserteur du fort

François Mitterrand est le président à s’être le moins rendu au fort de Brégançon avec de Gaulle, préférant passer ses vacances à Latche ou à Gordes. Il s’y rend notamment en 1986, peu après le début de la première cohabitation. Il y organise aussi sa dernière conférence de presse en tant que président de la République, en avril 1995.

Jacques Chirac, fidèle à Brégançon

Jacques Chirac et son épouse Bernadette se rendent à Brégançon dès l’été 1995, juste après son élection. Le couple présidentiel se rend souvent à la messe, salue les badauds et les touristes et visite la région. Mais Jacques Chirac « s’y ennuie plutôt » et un de ses visiteurs dira même du fort « c’est une prison plus qu’autre chose » ; il préfèrera passer ses vacances suivantes à la Réunion ou sur l’île Maurice. Bernadette, elle, « adore cette maison où règne le bon goût »13 En avril 2007, le président Chirac effectue une dernière visite à Bormes-les-Mimosas, où il est longuement applaudi à la sortie de la messe.

Le nouveau style présidentiel de Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy se rend à quatre reprises dans le fort avec son épouse Cécilia. Cette dernière était allée à Brégançon avec l’une de ses filles dès le lendemain de l’investiture de son époux, le 17 mai 2007. Pendant le week-end de la Pentecôte, quelques jours plus tard, le chef de l’État se laisse filmer par les caméras de télévision lors de son jogging quotidien, saluant les touristes venus sur son passage. La presse parle d’un « nouveau style de communication présidentielle ».

Après son divorce d’avec Cécilia, le chef de l’État se rend dans la propriété familiale des Bruni Tedeschi, copropriété de sa nouvelle épouse, Carla Bruni-Sarkozy, au cap Nègre, dans la commune voisine du Lavandou. Néanmoins, il continue à se rendre au fort de Brégançon, en particulier à l’été 2011, où il est pris en photo sur la plage aux côtés de son épouse, enceinte.

François Hollande

D’abord fidèle à une certaine tradition, François Hollande, le nouveau président français, réoccupe le fort durant l’été 2012 pour ses vacances avec sa compagne, Valérie Trierweiler. Le fort n’est pas ouvert durant les Journées du patrimoine de la même année. Mais l’année suivante, François Hollande renonce à se rendre à Brégançon. Et le 12 octobre 2013, il annonce sa décision d’abandonner le site comme résidence présidentielle et de l’ouvrir au public ; il est prévu de confier sa gestion au Centre des monuments nationaux dans le courant de l’année 2014.

Organisation de la Résidence

Il s’agit donc d’un fort qui a conservé son aspect d’origine, du xviie siècle, composé de deux tours (le donjon et la tour ouest) et un corps de bâtiment, agrémenté d’un belvédère dominant la falaise du rocher et la plage privée de la résidence. Il comporte également un héliport et un jardin.

La sécurité est assurée par deux pelotons de gendarmerie, deux équipes de la garde républicaine qui y séjournent en permanence, un patrouilleur et un autre navire de la Marine nationale lorsque le président y est. Les coûts d’entretien et de fonctionnement du fort sont mal connus.

En 2005, une zone réglementée a été instaurée afin d’assurer la protection du fort. Identifiée LF-R 60, il s’agit, dans ses limites latérales, d’un cercle de 3 kilomètres de rayon centré sur le point 43° 05′ 30″ N 6° 20′ 00″ E, et elle s’étend verticalement de la surface à 1 000 mètres d’altitude.

(source wikipedia.org)

 


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30 avril 2017