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Menton


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 Menton est une commune française du département des Alpes-Maritimes située à la frontière franco-italienne, proche de la principauté de Monaco (7 km), et une célèbre station touristique de la Côte d’Azur.

Ses habitants sont appelés les Mentonnais, ou bien Mentonasques, appellation traditionnelle et littéraire telle qu’employée par Guillaume Apollinaire1.

Menton est située à la frontière italienne (la ville frontière du côté italien estVintimille) et elle est surnommée « Perle de la France » (cette appellation est due au géographe Élisée Reclus dans sa Géographie universelle). La ville est ouverte sur la mer Méditerranée et possède un campanile.

Le citron est un des symboles de la ville de Menton où, grâce à un climat méditerranéen très doux, des citronniers fructifient ; créée en 1928, la fête du citron a ainsi lieu dans la ville. Elle se déroule entre les trois derniers week-ends de février.

Menton dispose d’un climat méditerranéen exceptionnel avec des hivers doux et ensoleillés et des étés chauds et secs. Variant de 13 degrés en janvier à 28 en août, Menton dispose d’un microclimat qui la protège des vents froids venus des Alpes. On dit souvent que Menton dispose d’un climat quasi subtropical avec des températures élevées, un taux d’humidité fort (chaleur étouffante l’été) et des orages assez rares mais violents.

Le nom de la localité est attesté sous la forme Mentonum en 1262.

Albert Dauzat et Charles Rostaing hésitent entre un nom de personne latin Mento, -onis, pris absolument, et un thème préceltiquemen-t- « rocher », suivi du suffixe -onem3 Par « préceltique », sans doute entendent-ils le ligure, langue mal connue, mais qui a laissé de nombreuses traces dans la toponymie provençale jusqu’aux Alpes et même dans la manière de nommer les habitantsmentonasque, avec le suffixe -asque, considéré comme ligure par les spécialistes. L’homonymie avec Menthon (Haute-Savoie, sans forme ancienne) renforce cette hypothèse, les toponymes ligures étant généralement cantonnés à la partie sud-est de la France jusqu’aux Alpes.

Ernest Nègre reprend leur première proposition et explication par le nom propre romain Mento4.

L’hypothèse *Mons Othonis basée sur le nom de l’empereur Othon ne se justifie pas, car tout d’abord, il n’y a aucune forme ancienne pour évoquer cette possibilité, ensuite, *Mons Othonis, ou plutôt sa forme bas latine, aurait abouti à *Montodon. Elle relève juste d’une tentative d’expliquer des faits linguistiques par des faits historiques.

La ville est appelée, en mentonasque, [meⁿˈtaⁿ], que l’on écrit localement Mentan (occitan: Menton en norme classique ou Mentan en norme mistralienne). Legentilé (singulier) est ou mentounasc (norme mistralienne, la seule utilisée localement).

En italien, le nom s’écrit Mentone (à lire [menˈtone]), avec le e final qui doit être prononcé, n’étant pas muet comme en français.

Mentona est une forme attestée en russe (de l’italien). Une église orthodoxe témoigne de la présence russe dans la région au tournant de 1900.

Les fouilles des Rochers Rouges de Grimaldi, à la frontière italienne, attestent une présence humaine dès le paléolithique supérieur.

La via Julia Augusta, (ancienne voie romaine qui reliait Vintimille à Nice-Cimiez) et à Rome, devait traverser Menton. On n’a jamais pu identifier de traces archéologiques dans la ville, même si l’on a pensé qu’elle pouvait suivre la rue Longue.

C’est sur la colline de Pépin, à l’ouest de la ville actuelle, que se groupait sans doute l’agglomération primitive, autour de son château fondé sous l’impulsion du comte de Vintimille. La seigneurie de Puypin (Podium Pinum) échut avec celle de Menton au xiiie siècle aux Vento, famille génoise qui y construisit un autre château : celui-ci donna naissance à la ville actuelle. La première mention de la ville date du , dans le traité de paix entre Charles d’Anjou et Gênes. Sa position à la limite du comté provençal angevin et de la république de Gênes – qui revendiquait alors Monaco comme sa limite occidentale – en fait une position relativement convoitée.

Acquise en 1346 par Charles Grimaldi de Monaco, Menton resta sous la suzeraineté des princes monégasques (cf. la liste des souverains de Monaco) pendant cinq siècles, jusqu’en 1848, époque où elle se proclama Ville Libre avec sa voisine Roquebrune, en se plaçant sous la protection du roi de Sardaigne. Menton n’a jamais fait partie du comté de Nice historique.

Menton fut rattachée à la France durant la Révolution et le Premier Empire et fit alors partie du département des Alpes-Maritimes (qui incluait alors Monaco et Sanremo). Elle faisait partie de l’arrondissement de Sanremo.

La principauté de Monaco fut reconstituée en 1814, mais passa en 1815 sous le protectorat des rois de Sardaigne et les princes durent rendre l’hommage féodal pour Menton à ces rois — de façon anachronique (mais non pour Monaco proprement dit).

1848 fut l’année des révolutions en Europe, Menton (tout comme Roquebrune) fit sécession de la principauté de Monaco avec sa voisine. Il est vrai que le prince Florestan Ier de Monaco s’obstinait à percevoir une taxe sur l’exportation des citrons, principale ressource de la ville. Les deux cités se constituèrent alors en Villes libres, demandèrent la protection du Royaume de Sardaigne et furent administrées de fait par la maison de Savoie. Ces deux villes libres devinrent françaises un an après le rattachement du comté de Nice, en 1861. Au plébiscite organisé cette année-là, Menton se prononça massivement en faveur du rattachement à la France. Consultation qui fut clairement pilotée par les Français et par la Maison Royale italienne (Savoie). Napoléon III paya un dédommagement d’un montant de 4 millions de francs au prince Charles III de Monaco pour le préjudice territorial causé à la principauté.

À la suite de l’armistice du 24 juin 1940, les deux tiers du territoire de la commune furent annexés à l’Italie de  l’été 1940 jusqu’au  (armistice de Cassibile) — où elle fut alors entièrement occupée par les Allemands jusqu’à sa libération le  .

On considère généralement, mais sans base scientifique, le mentounasc (nom du parler local) comme un parler de l’occitan, appelévivaro-alpin ou, plus communément, gavot. En réalité, il fait la transition entre l’intémélien (qui relève du génois) et le nissart. Décrit pour la première fois de façon scientifique par James Bruyn Andrews à la fin du xixe siècle6, il fait l’objet d’études plus récentes notamment par Jean-Philippe Dalbera7 et surtout par Werner Forner de l’université de Siegen8, dont les recherches sont bien résumées dans « Le mentonnais entre toutes les chaises ? », in Lexique Français-Mentonnais (Caserio & al. 2001). Dans ces différentes études, il apert un caractère nettement intermédiaire de ces parlers entre le provençal (et donc l’occitan) et le ligurien (dans sa variante intémélienne). Il est néanmoins enseigné, en fonction des règles françaises en vigueur dans l’Éducation nationale, comme une variété du provençal niçois — ce qui n’empêche pas d’en respecter les traits spécifiques. D’un point de vue génétique, malgré des influences certaines et massives dues au niçois et au provençal maritime (réalisation diphtonguée de ò = [wa] notamment), « la position du mentonnais est donc celle de dernier avant-poste méditerranéen, témoin de l’ancienne étendue du type linguistique royasque-pignasque jusqu’au bord de la mer » (Werner Forner).

Les parlers voisins royasques et pignasques sont nettement de type ligure — assez différents cependant du génois tel qu’il est parlé à Gênes.

Des traits centraux du sud occitan oriental (provençal maritime, niçard) ont influencé partiellement le parler mentounasc (apocope généralisée, diphtongaison, vocabulaire) — ce qui fait qu’à l’oreille des traits occitans manifestes caractérisent ce parler.

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24 juin 2017